Mitsuba ~une face cachée du Japon

Bonjour à tous ! 

Cela fait longtemps que je n’ai pas publié ! Pour mon retour, je reviens avec une chronique d’un livre que j’ai eu pour Noël, qui assez court et qui parle de mon pays favori : le JaponJe pense que je peux directement vous dire SPOILER car en effet, ce livre est très fort, et aborde des points dont j’aimerais vraiment parler. (La chronique ne spoile pas tout mais certains passages crucials sont tout de même décrits, ce qui n’enlève rien au plaisir de lire à mon avis.)

En effet, le Japon est souvent réputé pour ses mangas, et ses drôles d’inventions, que ce soit des choses à acheter, des vidéos vraiment étranges, bref, le Japon est réputé comme un pays vraiment WTF… JAPOOON quoi ! Mais le Japon, au-delà de ces aspects très cocasses, a une autre face, moins connue et bien moins édulcorée.

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Mitsuba raconte l’histoire d’un homme, un commercial qui travaille pour une grande multinationale. Il part régulièrement en voyage, et est très investi dans son travail. Il fait la rencontre d’une jeune femme qui lui plaît… Et ça, c’est ce que je pourrais appeler l’histoire de base.

Mais ma chronique va plutôt s’orienter vers les aspects culturels ou plutôt les travers de cette culture que j’affectionne pourtant.

  1. La nécessité de se marier et les mariages arrangés

C’est le premier point dont on se rend compte dans le livre. En effet, le jeune homme n’est pas marié, et en fait arrivé à un certain âge, il est mieux vu de se marier ou de l’être. La société japonaise est assez traditionnaliste, même si la mentalité a tendance à évoluer. Ainsi, la pratiques des rencontres arrangées et des mariages arrangés est très répandues. C’est d’autant plus flagrant pour les femmes. Ainsi, si elles ne sont pas mariées au bout d’un certain âge, elles sont mal vues, ou mal considérées, à la fois par leur entourage (voisins y compris) et sur leur lieu de travail. De même, une fois mariée, et quand il y a un enfant, il n’est pas rare qu’elles subissent du harcèlement au travail pour la faire démissionner. Pourquoi cela ? C’est parce qu’il n’est pas honorable pour une femme de travailler alors qu’elle a un foyer dont elle doit s’occuper.

Donc lorsque je parle de nécessité de se marier, c’est quasiment le cas sous peine d’être « exclu » de la société. Et donc afin d’éviter ce « déshonneur » et la honte, les parents des jeunes gens organisent des rencontres et des mariages arrangés.

2. Le travail et l’entreprise avant la famille.

Le second point que je souhaite aborder ne concerne que les hommes. Une fois encore, la femme a une place au travail qui n’est pas forcément encore très bien acceptée parfois, même si récemment le gouvernement a décrété qu’il fallait une meilleure mixité, notamment dans les postes à responsabilités… A voir quelles mesures seront prises pour cela. L’important c’est que ça évolue non ?

Mais les hommes sont encore le coeur des entreprises, ou plutôt, l’entreprise est au coeur de la vie des hommes. Dans ce roman on le voit de deux manières :

  • Tout d’abord le collègue du protagoniste, Nobu, qui n’est pas assez dévoué à l’entreprise. En effet, il est de coutume d’aller boire un verre après le travail, entre collègues, mais Nobu refuse l’invitation à chaque fois. Il préfère retrouver sa famille et rentrer plus tôt. Néanmoins cela est vu comme un affront à l’entreprise et comme un refus de s’intégrer à cette dernière, un refus de ses habitudes et de ses traditions. La vie d’unemployé est donc centré sur l’entreprise, et non sur sa famille. Et à l’inverse, la vie de la femme doit être centrée sur la famille, au service de l’homme qui travaille, et non vers la carrière professionnelle (traditionnaliste, je vous disais ?). D’ailleurs dans un passage du roman, le jeune homme refuse d’aller boire un verre avec son patron pour rejoindre la jeune fille qu’il aime, et celle-ci, lorsqu’elle l’apprend, culpabilise car « cela ne se fait pas ! ». SPOILER ~ Au final Nobu est muté dans un pays étranger loin de sa famille, ce qui le pousse à quitter l’entreprise. En fait, son désir de ne pas s’intégrer ne plaisant pas, l’entreprise le pousse à démissionner.
  • Ensuite, ce qui est abordé dans le roman, mais que trop rapidement, c’est bien évidemment la surcharge de travail qu’ont les employés. Un homme est dévoué à l’entreprise, et ne doit donc pas compter ses heures au travail. Le protagoniste termine toujours tard, et travaille même le dimanche pour des clients. Mais on apprend plus tard que son père est très certainement décédé à cause d’une surcharge de travail que lui a imposé l’entreprise. Il a accumulé des voyages sans se reposer, et sans avoir l’occasion d’assimiler les différents décalages horaires. Une crise cardiaque eut finalement raison de lui. Personnellement, je ne pense pas que ce livre soit dans l’exagération… Et le Japon est assez réputé pour ça. Il est par exemple bien vu de dormir au travail car cela sous-entend qu’on est épuisé d’avoir travaillé pour l’entreprise… De plus, le taux de suicide est assez élevé… Et je vais m’arrêter là dans mes exemples.

3. Les pressions sociales au service du mariage

C’est un aspect que je ne connaissais pas du Japon, mais cela rejoint un peu les mariages arrangés dont je parlais précédemment. Et là, SPOILER  ~

Genre vraiment SPOILER !

La jeune fille et le jeune homme forment un couple heureux et se seraient mariés si malheureusement, le fils d’un des clients les plus importants de l’entreprise, Mr Shumida, ne souhaitait pas se marier avec elle. En effet, au delà d’être un client, c’est un partenaire clé dans l’entreprise, une banque dont le patron est craint et respecté. La jeune fille refuse la demande en mariage qui lui ai faite, et au début, le jeune fils semble accepter le refus, et respecter le choix.

En fait, pas du tout, la jeune fille est forcée de rompre avec le jeune homme qu’elle aime pour épouser le fils Shumida.Et comment ? Tout simplement en menaçant la carrière de la jeune fille, en menaçant sa famille, économiquement, financièrement parlant. Et bien évidemment en éloignant le jeune homme, en l’envoyant à l’autre bout de la terre dans une filiale…

Mon avis

Au delà de ces aspects socio-culturels qui m’ont vraiment plus, l’écriture est très agréable, et fluide. L’auteur est dans la simplicité et ne s’étale que peu dans le pathos, ce qui est appréciable. Ainsi les sentiments du jeune homme sont en quantité suffisante pour être à la fois crédible mais pas trop lourds et agaçant pour le lecteur. Mais je pense que c’est une tendance de la société japonaise d’aller droit au but sans faire l’étalage des sentiments. C’est toujours sobre et fin, ce qui est très appréciable face à l’écriture européenne qui en paraît un peu grossière à côté. L’histoire est un peu courte, mais on n’en ressort pas avec un sentiment de frustration car l’histoire est parfaitement menée et équilibrée. On a un début, avec un personnage qui évolue au fil du roman jusqu’à une vraie fin. Et je le redis, l’écriture est vraiment très belle !

Donc pas vraiment de fausse note dans ce livre qui fut dévoré en peu de temps… 

Ma note, sans grande surprise : 5/5 etoile-icone-5157-96etoile-icone-5157-96etoile-icone-5157-96etoile-icone-5157-96etoile-icone-5157-96

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