Le Sorgho Rouge

Bonjour ! 
Récemment, ayant une à deux heures de trajet pour aller au travail, je me suis remise à lire, pour ne pas dire à boulotter les livres. Maintenant que j’ai repris les cours, je m’ennuie un peu car, soyons clairs, lire en cours, ce n’est pas très discret. Alors, bien cachée derrière mon PC, je me contente d’écrire ce que j’ai pu pensé suite à diverses lectures que j’ai faites au cours des trois derniers mois.
Bref, le livre que je présente aujourd’hui d’intitule le Sorgho Rouge.
Drôle de nom, mais c’est un livre chinois, et en lisant ce livre, le choix du titre semble tout a fait approprié au final.
Le sorgho est une plante qui ressemble à du maïs. Elle a la caractéristique bien résister à la sécheresse.

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L’histoire


On suit à travers le livre, un jeune garçon de 9 ans qui arrive dans un nouveau village. Il vient de quitter « la ville » et s’installe donc dans un petit village de campagne qui vit essentiellement de l’agriculture. Le contexte historique est très important. En effet, cela se déroule au moment où Mao vient de sortir son petit livre rouge et commence à monter en tant qu’unique Parti. Le père du jeune garçon est notamment envoyé par le Parti pour guider les villageois vers la Révolution et donc pour être le « chef » amenant le village à devenir totalement communiste et à rejeter toute autre forme d’autorité. Le père du jeune garçon sera nommé « préfet » du village.
Il y a plusieurs parties dans ce livre et j’ai décidé de le découper en trois parties.

L’installation et l’ascension


La première partie raconte l’installation du jeune homme et de sa famille. Plusieurs sentiments se mêlent dans la tête de Liang, le jeune garçon. Venant de la ville, il regarde curieusement les nouveaux jeux des autres enfants, il est attentif à toutes les « traditions » du village et on suit avec ses yeux et ses pensées d’enfant son installation, la découverte des autres, de l’école…
Dans cette partie, on mets peu l’accent sur le père, et ses actions pour le village. Au départ, on les voit plutôt comme des intrus, et la méfiance est omniprésente. Tous ont du mal à s’intégrer, malgré le respect envers le préfet. La tension montre que le père va devoir faire ses preuves pour réussir à vraiment « gagner son statut ».

Le père de Liang réussit effectivement à gagner le respect et l’amour des villageois en prenant des décisions symboliques permettant une amélioration de leur vie. Construisant des puits pour favoriser l’irrigation, contruisant des digues pour éviter les inondations, cela a permis de bonnes récoltes pour les villageois et donc de meilleures ventes, et en découlent un meilleur niveau de vie. Tous lui en sont reconnaissant et Liang trouve peu à peu sa place dans ce village qu’il pensait hostile. Au delà de la fierté d’être le fils du préfet, il arrive surtout à avoir un ami avec qui ils vont faire de nombreuses bétises.

A la fin de cette partie tout va bien pour le jeune garçon. Le communisme n’a pas encore envahi le village. Mais derrière cette façade, se met en place tout doucement l’idéologie de Mao.

Le Communisme


Ce que j’ai aimé c’est le fait de voir le communisme d’un point de vue enfantin. En effet, on reste toujours du point de vue interne du jeune Liang ce qui permet une certaine innocence dans ce qu’il pense ou dit. Il n’y a pas vraiment de jugement de valeur, ni même la compréhension ou la portée de ses actes.
Ainsi, on peut voir comment les enfants ont été impliqués dans la propagande et à quelle point l’idéologie les a bercé d’illusions. Liang est d’ailleurs le premier à clamer son amour pour le Parti, fier du statut de son père qui est pour le moment le représentant même de Mao sur ces terres.
Mais la violence des actes sont et leurs agressivité, leur manière radicale de procéder, tout cela choque plus ou moins Liang qui a du mal à saisir ce rejet total de certaines « choses anciennes ». Décrivant les doutes du petit garçon, auu final, on se rend compte petit à petit de la puissance de l’idéologie mise en place.
Une des scènes très puissantes est certainement celle de la chasse à l’homme qui se fait dans le village, de jeunes garçons poursuivant une jeune femme pour mettre en lambeaux son pantalon neuf qui représente la tradition. Mais ce n’est pas la seule, l’église qui fascine Liang est mise en pièce et tous les jouets sont mis au feu.
L’auteur a réussit à faire passer cette violence par l’innocence d’un enfant la rendant moins crue et amenant le lecteur en douceur à la transition vers le communisme, lui faisant comprendre le principe de la dictature : douce au début, elle cache uniquement de la terreur et de la souffrance. Les lecteurs sont comme l’enfant qui se laissent mener par le bout du nez avant de sentir que quelque chose ne va pas, mais une fois qu’ils se rendent compte il est déjà trop tard.

La chute


Et il est effectivement trop tard pour la famille de Liang et surtout son père. Mené par le bout du nez par son adjointe, il a pressenti quelque chose, mais trop confiant envers la bonté de l’âme humaine, il n’a pas réagi à temps. Ainsi on assiste à sa déchéance. Condamné à la prison sur la place publique avec tous ses amis, le père de Liang est accusé de représenter la bourgeoisie et le système hiérarchique que le communismme exècre tant.
Et là, après avoir vu le bon côté du communisme, étant dans les bonnes grâces du Parti, Liang se retrouve de l’autre côté, rejeté comme un paria. Sa mère et sa soeur restent désormais à la maison, se cachant, Liang n’est plus accepté à l’école. La mère perd également son emploi et se contente de nourrir les vers à soie.
L’innocence de Liang se manifeste une fois encore quand il supplie l’adjointe devenue chef du Parti de laisser sson père venir manger à la maison. Son geste au lieu d’être apprécié par ses parents est pris comme une défaite vis à vis de leur position et de leur idée. Liang ne comprend pas l’impact de son acte qui n’est que soumission envers une traitre, du point de vue de ses parents.

Au final, la tension monte et on s’attend à la catastrophe. En effet, tous connaissons les dictatures et les opposants ne sont jamais les bienvenues. Mais finalement…. Non, rien de terrible n’arrive.

Le roman commence par l’arrivée de la famille de Liang dans le village. Le jeune homme fait semblant de dormir dans la roulotte tirée par un âne.
Et le roman se finit sur le départ de la famille vers la ville. Expulsé du village, ils se remettent en route avec cette fois-ci, le jeune Liang qui aide son père à tirer la charrette. Il sait que même si ce n’est qu’un enfant, cette expérience l’a fait grandir. Mort, prison, faim, fierté, puissance, haine et rejet. Tous ces sentiments se sont mêlés dnas son coeur dans un laps de temps très court, ce qui l’a fait mûrir peut-être plus vite que prévu.

Mon avis


Donc voilà, je ne suis pas certaine que c’est vraiment une critique de livres à proprement dit mais plutôt un résumé de livres. Mais globalement c’est un livre assez intéressant et simple permettant de voir la montée de l’idéologie maoiste sans que cela ne tombe dans le pathétisme. On ne parle pas des violence crues, ou du communisme dans sa partie la plus sombre, mais juste de son impact dans la vie de tous les jours dans les campagnes (ce qui est certainement différent de ce qu’il s’est passé en ville.). Donc j’ai bien aimé ce livre au final, sans que cela ne soit transcendant au niveau de l’écriture. L’histoire est bien menée et en le lisant avec un esprit critique, c’est une mine d’information.

Ma note : etoile-icone-5157-96etoile-icone-5157-96

©simplemademoiselle

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